Amour et Psyché Jean-Pierre Cauver, thérapeute-coach, accompagnement de la douleur sévère physique et psychologique
 
Inondations au Vietnam          Raymond Poulet

 

Citation du psychiatre Christian Zaczyk dans le dossier « Choisir le bon psy » (Nouvel Observateur, n° 2155, du 23 février au 1er mars 2006)

« En psychiatrie, nous vivons sur l'idée que nous manquons d'instruments puissants et efficaces, qu'il faut passer par des traitements longs et se résigner à des résultats médiocres » explique le psychiatre Christian Zaczyk (1) « L'EMDR bouscule ce pessimisme et remet en question la mythologie du travail en profondeur. Et montre qu'une intervention très brève peut transformer une personne ». Il est encore tout émerveillé d'avoir réussi à remettre sur pied en quatre séances une patiente qui, après avoir subi trois agressions, était incapable de sortir, de travailler et s'enfonçait dans une dépression grave. « Je l'ai revue un an plus tard. Guérie. Pour le médecin que je suis, c'est le top ».

(1) Christian Zaczyk « Comment avoir de bonnes relations avec les autres », Odile Jacob, 2005

 Source: site EMDR-France

Témoignage de Lila, psychologue-psychothérapeute, à La Roche-sur-Yon : EMDR ET MOI

Il y a trois ans, j'appartenais à une association des psychologues où la plupart des collèges étaient d'obédience psychanalytique.
Pendant nos réunions, nous échangions des réflexions, entre autres, sur des textes déclarés importants ou intéressants. Une de ces séances concernait la « guérison ».
Après deux heures de discussions animées, j'ai compris que je devrais bannir de mon vocabulaire de psychologue le mot « guérir », sous peine d'une sorte d'hérésie professionnelle. Nous, les « psys », nous aidons, nous soutenons, nous devons prodiguer la « neutralité bienveillante », mais il n'y est pas question de quérir qui que ce soit.
Depuis, j'ai changé de région, j'ai fait l'expérience - en tant que patiente - de la thérapie EMDR, j'ai suivi la formation de cette thérapie et je la pratique.
La neutralité bienveillante - d'accord, mais, j'avoue que - en réalité - aider, soutenir, écouter ne me suffisait pas. A présent - sans aucun complexe - je brandis le terme « guérir », d'autant plus franchement que, dans ce processus, moi et la technique EMDR ne sommes que des instruments. Les neurones des clients se chargent du reste.
Aujourd'hui, j'ai reçu de Mademoiselle N., 36 ans, victime de l'inceste, une lettre écrite le lendemain de la cinquième séance de thérapie EMDR qui s'est déroulée le 11/10/2005.
Bonjour Lila,
Comment exprimer ce que je ressens ?
Depuis hier, tu as changé ma vie. Je n'ai plus mal au ventre ni au dos.
Je me sens plus légère, presque aérienne. J'ai dormi 12 h - bien.
Je suis quand même très fatiguée, comme après un marathon.
Je commence à aimer, à aimer mon ventre, mais plus bas, je n'arrive pas encore. Ce n'est pas grave, ça viendra.
Pour la première fois depuis mes 11 ans, je respire.
Tu es en train de faire de moi une autre, une femme presque normale.
La seule peur que j'ai c'est que ça ne dure pas.
Pour l'instant, j'en profite. Il y aura sûrement des rechutes, mais ça me fait moins peur.
Je goûte au bonheur d'être et c'est bien. Je grandis pour la 1ère fois de ma vie.
Je ne suis pas euphorique, mais sereine.

Merci d'avoir cru en moi.
A bientôt.
N.

A mon avis, ce témoignage vaut d'avantage qu'un long discours métapsychologique.
Lila

Témoignage de Jenny, psychologue, psychothérapeute

L'EMDR a profondément modifié ma pratique de psychologue psychothérapeute, en me permettant de venir en aide plus rapidement et plus efficacement auprès d'un grand nombre de patients pour qui les autres approches auxquelles je m'étais formée n'apportaient que des réponses partielles et un soulagement tout relatif. J'apprécie la rigueur et la souplesse de l'EMDR qui s'intègre aisément aux autres approches afin de tirer le meilleur de chacune. Mes patients l'apprécient pour sa douceur, le sentiment de sécurité et de respect qu'ils perçoivent, ainsi que la part importante d'initiative et de contrôle qui leur est laissée. - JR

La séance d' EMDR


L'EMDR permet donc au cerveau le retraitement de l'information émotionnelle afin de supprimer le traumatisme passé enkysté dans le système nerveux. Avant de débuter le traitement EMDR, il est essentiel que le psychothérapeute et le patient établissent ensemble le cadre de leur futur travail par des entretiens préliminaires et une anamnèse rigoureuse permettant de cerner des contre-indications éventuelles.


C'est cette sécurité de l'espace thérapeutique qui offrira au patient la possibilité de se confronter à l'origine de sa souffrance.


Les bases du « travail » établies, le praticien aidera le patient à repérer et se représenter le plus exactement possible l'origine du problème ou l'événement cible, à ressentir dans son corps les perceptions, émotions et sensations qui lui sont liées. Pendant que les pensées et les affects (sentiments) remontent à la surface, le psychothérapeute opère des balayages de sa main devant le visage du patient qui les suit rythmiquement des yeux.


Ces séries successives et assez brèves de mouvements oculaires (30 secondes à quelques minutes) se poursuivent jusqu'à ce que les émotions se neutralisent et que les cicatrices émotionnelles du passé soient vidées de leur charge traumatique.


Régulièrement, le praticien invite le patient à évaluer son stress sur des échelles de valeur et l'aide à se détendre par des métaphores relaxantes.


Grâce au processus neurologique mis en marche, le cerveau est stimulé et métabolise ainsi les résidus disfonctionnels du passé. Les souvenirs traumatisants perdent leur charge affective négative, ce qui met fin à la souffrance et aux réactions négative (crises de panique, peurs incontrôlées, anxiété, compensations de toutes sortes, etc.).


Par ce procédé, les images, les perceptions et les souvenirs qui étaient encodés négativement dans le cerveau émotionnel sont littéralement «digérés» et perdent de leur intensité dramatique. L'adversité passée fait place à ce que Boris CYRULNIK nomme la «résilience».


Une nouvelle personne peut émerger.


L'EMDR s'inscrit à l'intérieur d'un traitement psychothérapeutique dont toutes les dimensions doivent être bien codifiées et structurées. Le processus complet comprend plusieurs étapes, dont une phase de préparation et chaque session requiert une intégration verbale indispensable. Entre les séances, le re-traitement de l'information émotionnelle liée à l'incident ou au matériel évoqué peut se prolonger sous formes de rêves occasionnant la réémergence d'autres souvenirs ou émotions inhabituelles.


Le travail se poursuit donc dans l' «après-coup», c'est la raison pour laquelle le suivi thérapeutique et la dimension analytique sont indispensables à la «métabolisation» (ou digestion) de l'expérience.


Pour clôturer ce bref aperçu, l'EMDR n'est pas une approche adaptée aux dépressions endogènes, d'origine biologique ni aux états dissociatifs : psychoses, schizophrénie et autres démences.


Le livre de référence des praticiens EMDR et de l'enseignement de la méthode s'intitule "Eye-movement Desensitization and Reprocessing: Basic principles, protocols and procedures", publié par Guilford Press (2001).


Son auteur est Francine SHAPIRO, Ph.D, fondatrice de la méthode EMDR, Senior Research Fellow du Menlo Park Research Institute ("École de Palo Alto"), et présidente de l'EMDR Institute, Californie.


En juillet 2002, Francine SHAPIRO a reçu le prix Sigmund FREUD décerné conjointement par le Congrès Mondial de Psychothérapie et la ville de Vienne.


 

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